
Bon, c’est moi que r’vlà, pas très rigoureuse je le reconnais…
Aux nouvelles : pas mal de choses. J’ai collé par-ci par-là les zoulies affiches que je vous montrais dans l’poste d’avant et j’ai grâce à elles reçu trois appels, comme on dit ici, olé ! Le premier le soir même, je décroche toute jouasse, fausse alerte c’était un couillon qui voulait draguer, ce à quoi mon mec à tout de suite réagit : »forcément si tu mets ta photo… », je dis rien on prendra ça comme un compliment pis c’est tout.
Deuxième appel, une maman qui me tient la jambe presque une heure (véridique) dans un français moyen, j’apprécie son effort mais du coup je reste dans le flou concernant ce qu’on attend de moi, enfin en gros son gamin de huit ans va au lycée français de Valence depuis qu’il a quatre ans et fait un gros blocage sur l’orthographe française. Tu m’étonnes Simonne ! Quand tu compares la relation orthographe/prononciation espagnole et la française tu piges rapidos, chez nous ya 50 exceptions (et je suis gentille) pour une règle. Moi quand j’étais ptite ça me gavait grave : « mais pourquoi ?-pasque c’est comme ça ! », aie nos renault, nos faon, nos faisaient…Si j’ai bien compris en plus je suis donc investie de la mission extrêmement ingrate de faire avaler au ptit môme que bah oui, c’est comme ça pis c’est tout, faudra qu’il apprenne comment s’écrivent les mots par cœur, souvent contre la logique même, pasque c’est comme ça, qu’il sache que presque toute sa vie il aura besoin d’un correcteur d’orthographe pour écrire un mail important (ouais j’en suis là pis j’ai fait lettres et tout le tintouin c’est pas du baratin), qu’il sache aussi que moi française, ça fait deux ans que je pratique sa langue mais que je serais bien incapable d’écrire la mienne aussi bien. Pis si je lui rajoute au pauv’ tit père qu’en plus il est d’une génération vraiment pas gâtée pour ce qui est d’apprendre à écrire à l’école (mes petites sœurs de 16 et 13 ans écrivent encore quasiment phonétiquement !) il a plus qu’à se tirer une balle…
C’est ça qui me chagrine, de jeunes étrangers qui apprennent le français pasqu’ils ont envie à la limite ils s’en foutent de galérer à apprendre l’orthographe zarbi, les accents tout ce que tu veux, ils viennent tout émus rhaaa quelle langue magnifique etc, ça les enchante presque de devoir faire des efforts pour la maitriser (la je rêve un peu peut être…) mais va forcer un ptit môme qui apprend ça pasque tfaçon il a pas le choix pis ça l’emmerde plus qu’autre chose…dur dur…
En plus la mère parle français, le père aussi, et le petit est bilingue également, donc ya aucun émerveillement pour lui genre oooh la langue de Molière, un truc nouveau et exotique waou, nan nan là…
Ah oui au fait le troisième appel avant de revenir à ce que je disais c’est un jeune mec qui l’a fait, mais quand je lui ai dit le prix il a dit qu’il rappellerait pasque très occupé cette semaine… no comment…
Donc me voilà investie d’une mission délicate. Surtout quand la maman commence par « oui on l’a mis au lycée français pasqu’on pensait que c’était plus créatif pis on s’est rendu compte que le système éducatif français, excusez moi de vous dire ça, mais c’est vraiment de la m**de, on en a marre de voir notre petit rentrer tout triste tous les soirs alors il faut l’aider ».
Ah ouais… carrément, donc là en plus de faire gober au rejeton la dure réalité orthographique je dois carrément assumer le désastreux échec du système éducatif de ma chère patrie…cocorico ! Ça fait beaucoup de pression pour un début !
Donc j’ai commencé toute stressée à farfouiller sur internet et à la bibliothèque pour voir à quoi ressemble le, pour moi très lointain, programme de CE2 en français.
J’ai déjà préparé quelques petits exercices plutôt faciles je dirais, histoire de pas le terroriser dès le premier cour, comme ça il se sent valorisé et hop ! la confiance peut s’installer entre nous. J’ai emprunté un Petit Spirou et un bouquin de Sempé non sans une larmichette de nostalgie au fond des mirettes, les grands classiques, ya que ça de vrai, pour voir si yen a un des deux qui le botte.
C’est demain le premier cour et j’ai les boules !!! J’espère que j’aurais pas les parents sur le dos pasque là c’est sûr je vais perdre les pédales…
Bon sinon je répète : Mamzelle, bienvenue dans le monde du FLE !
Mon flair me disait bien que le coup de l’école qui rappelle jamais n’allait pas être une exception…Deux autres écoles m’ont fait le coup, dont une où j’ai carrément passé un entretien qui s’est, selon moi, super bien passé et qui me faisait déjà baver d’espérance avec une alléchante proposition de 6 à 7 heures de cours par semaine payées à 13,50 euros de l’heure. Ben ils devaient me tenir au jus mais vu le temps qui s’est écoulé je crois que je peux faire une croix dessus.
Voilà ma petite vie, mes premiers pas dans le FLE se transforment pour le moment en soutien scolaire de CE2. Ah au fait, quand je vous disais que ces messieurs du lycée et de l’institut français ne prenaient pas n’importe qui sous leur aile…j’ai reçu, bien longtemps après ma candidature, pasque bon, la plèbe peut attendre, une réponse de chacun, exactement la même, juré craché on aurait qu’ils avaient copié, m’expliquant à quel point ils étaient désolés mais que leur structure n’était pas adaptée pour me recevoir au sein de leur équipe, et petit détail ridicule : le lycée français m’invitait à contacter plutôt l’institut français et celui-ci me renvoyait également vers son collègue, cocoricooo !
Aux nouvelles : pas mal de choses. J’ai collé par-ci par-là les zoulies affiches que je vous montrais dans l’poste d’avant et j’ai grâce à elles reçu trois appels, comme on dit ici, olé ! Le premier le soir même, je décroche toute jouasse, fausse alerte c’était un couillon qui voulait draguer, ce à quoi mon mec à tout de suite réagit : »forcément si tu mets ta photo… », je dis rien on prendra ça comme un compliment pis c’est tout.
Deuxième appel, une maman qui me tient la jambe presque une heure (véridique) dans un français moyen, j’apprécie son effort mais du coup je reste dans le flou concernant ce qu’on attend de moi, enfin en gros son gamin de huit ans va au lycée français de Valence depuis qu’il a quatre ans et fait un gros blocage sur l’orthographe française. Tu m’étonnes Simonne ! Quand tu compares la relation orthographe/prononciation espagnole et la française tu piges rapidos, chez nous ya 50 exceptions (et je suis gentille) pour une règle. Moi quand j’étais ptite ça me gavait grave : « mais pourquoi ?-pasque c’est comme ça ! », aie nos renault, nos faon, nos faisaient…Si j’ai bien compris en plus je suis donc investie de la mission extrêmement ingrate de faire avaler au ptit môme que bah oui, c’est comme ça pis c’est tout, faudra qu’il apprenne comment s’écrivent les mots par cœur, souvent contre la logique même, pasque c’est comme ça, qu’il sache que presque toute sa vie il aura besoin d’un correcteur d’orthographe pour écrire un mail important (ouais j’en suis là pis j’ai fait lettres et tout le tintouin c’est pas du baratin), qu’il sache aussi que moi française, ça fait deux ans que je pratique sa langue mais que je serais bien incapable d’écrire la mienne aussi bien. Pis si je lui rajoute au pauv’ tit père qu’en plus il est d’une génération vraiment pas gâtée pour ce qui est d’apprendre à écrire à l’école (mes petites sœurs de 16 et 13 ans écrivent encore quasiment phonétiquement !) il a plus qu’à se tirer une balle…
C’est ça qui me chagrine, de jeunes étrangers qui apprennent le français pasqu’ils ont envie à la limite ils s’en foutent de galérer à apprendre l’orthographe zarbi, les accents tout ce que tu veux, ils viennent tout émus rhaaa quelle langue magnifique etc, ça les enchante presque de devoir faire des efforts pour la maitriser (la je rêve un peu peut être…) mais va forcer un ptit môme qui apprend ça pasque tfaçon il a pas le choix pis ça l’emmerde plus qu’autre chose…dur dur…
En plus la mère parle français, le père aussi, et le petit est bilingue également, donc ya aucun émerveillement pour lui genre oooh la langue de Molière, un truc nouveau et exotique waou, nan nan là…
Ah oui au fait le troisième appel avant de revenir à ce que je disais c’est un jeune mec qui l’a fait, mais quand je lui ai dit le prix il a dit qu’il rappellerait pasque très occupé cette semaine… no comment…
Donc me voilà investie d’une mission délicate. Surtout quand la maman commence par « oui on l’a mis au lycée français pasqu’on pensait que c’était plus créatif pis on s’est rendu compte que le système éducatif français, excusez moi de vous dire ça, mais c’est vraiment de la m**de, on en a marre de voir notre petit rentrer tout triste tous les soirs alors il faut l’aider ».
Ah ouais… carrément, donc là en plus de faire gober au rejeton la dure réalité orthographique je dois carrément assumer le désastreux échec du système éducatif de ma chère patrie…cocorico ! Ça fait beaucoup de pression pour un début !
Donc j’ai commencé toute stressée à farfouiller sur internet et à la bibliothèque pour voir à quoi ressemble le, pour moi très lointain, programme de CE2 en français.
J’ai déjà préparé quelques petits exercices plutôt faciles je dirais, histoire de pas le terroriser dès le premier cour, comme ça il se sent valorisé et hop ! la confiance peut s’installer entre nous. J’ai emprunté un Petit Spirou et un bouquin de Sempé non sans une larmichette de nostalgie au fond des mirettes, les grands classiques, ya que ça de vrai, pour voir si yen a un des deux qui le botte.
C’est demain le premier cour et j’ai les boules !!! J’espère que j’aurais pas les parents sur le dos pasque là c’est sûr je vais perdre les pédales…
Bon sinon je répète : Mamzelle, bienvenue dans le monde du FLE !
Mon flair me disait bien que le coup de l’école qui rappelle jamais n’allait pas être une exception…Deux autres écoles m’ont fait le coup, dont une où j’ai carrément passé un entretien qui s’est, selon moi, super bien passé et qui me faisait déjà baver d’espérance avec une alléchante proposition de 6 à 7 heures de cours par semaine payées à 13,50 euros de l’heure. Ben ils devaient me tenir au jus mais vu le temps qui s’est écoulé je crois que je peux faire une croix dessus.
Voilà ma petite vie, mes premiers pas dans le FLE se transforment pour le moment en soutien scolaire de CE2. Ah au fait, quand je vous disais que ces messieurs du lycée et de l’institut français ne prenaient pas n’importe qui sous leur aile…j’ai reçu, bien longtemps après ma candidature, pasque bon, la plèbe peut attendre, une réponse de chacun, exactement la même, juré craché on aurait qu’ils avaient copié, m’expliquant à quel point ils étaient désolés mais que leur structure n’était pas adaptée pour me recevoir au sein de leur équipe, et petit détail ridicule : le lycée français m’invitait à contacter plutôt l’institut français et celui-ci me renvoyait également vers son collègue, cocoricooo !

