mardi 14 octobre 2008

Cessez le FLE (pour le moment)



Bon, c’est moi que r’vlà, pas très rigoureuse je le reconnais…
Aux nouvelles : pas mal de choses. J’ai collé par-ci par-là les zoulies affiches que je vous montrais dans l’poste d’avant et j’ai grâce à elles reçu trois appels, comme on dit ici, olé ! Le premier le soir même, je décroche toute jouasse, fausse alerte c’était un couillon qui voulait draguer, ce à quoi mon mec à tout de suite réagit : »forcément si tu mets ta photo… », je dis rien on prendra ça comme un compliment pis c’est tout.
Deuxième appel, une maman qui me tient la jambe presque une heure (véridique) dans un français moyen, j’apprécie son effort mais du coup je reste dans le flou concernant ce qu’on attend de moi, enfin en gros son gamin de huit ans va au lycée français de Valence depuis qu’il a quatre ans et fait un gros blocage sur l’orthographe française. Tu m’étonnes Simonne ! Quand tu compares la relation orthographe/prononciation espagnole et la française tu piges rapidos, chez nous ya 50 exceptions (et je suis gentille) pour une règle. Moi quand j’étais ptite ça me gavait grave : « mais pourquoi ?-pasque c’est comme ça ! », aie nos renault, nos faon, nos faisaient…Si j’ai bien compris en plus je suis donc investie de la mission extrêmement ingrate de faire avaler au ptit môme que bah oui, c’est comme ça pis c’est tout, faudra qu’il apprenne comment s’écrivent les mots par cœur, souvent contre la logique même, pasque c’est comme ça, qu’il sache que presque toute sa vie il aura besoin d’un correcteur d’orthographe pour écrire un mail important (ouais j’en suis là pis j’ai fait lettres et tout le tintouin c’est pas du baratin), qu’il sache aussi que moi française, ça fait deux ans que je pratique sa langue mais que je serais bien incapable d’écrire la mienne aussi bien. Pis si je lui rajoute au pauv’ tit père qu’en plus il est d’une génération vraiment pas gâtée pour ce qui est d’apprendre à écrire à l’école (mes petites sœurs de 16 et 13 ans écrivent encore quasiment phonétiquement !) il a plus qu’à se tirer une balle…
C’est ça qui me chagrine, de jeunes étrangers qui apprennent le français pasqu’ils ont envie à la limite ils s’en foutent de galérer à apprendre l’orthographe zarbi, les accents tout ce que tu veux, ils viennent tout émus rhaaa quelle langue magnifique etc, ça les enchante presque de devoir faire des efforts pour la maitriser (la je rêve un peu peut être…) mais va forcer un ptit môme qui apprend ça pasque tfaçon il a pas le choix pis ça l’emmerde plus qu’autre chose…dur dur…
En plus la mère parle français, le père aussi, et le petit est bilingue également, donc ya aucun émerveillement pour lui genre oooh la langue de Molière, un truc nouveau et exotique waou, nan nan là…
Ah oui au fait le troisième appel avant de revenir à ce que je disais c’est un jeune mec qui l’a fait, mais quand je lui ai dit le prix il a dit qu’il rappellerait pasque très occupé cette semaine… no comment…
Donc me voilà investie d’une mission délicate. Surtout quand la maman commence par « oui on l’a mis au lycée français pasqu’on pensait que c’était plus créatif pis on s’est rendu compte que le système éducatif français, excusez moi de vous dire ça, mais c’est vraiment de la m**de, on en a marre de voir notre petit rentrer tout triste tous les soirs alors il faut l’aider ».
Ah ouais… carrément, donc là en plus de faire gober au rejeton la dure réalité orthographique je dois carrément assumer le désastreux échec du système éducatif de ma chère patrie…cocorico ! Ça fait beaucoup de pression pour un début !
Donc j’ai commencé toute stressée à farfouiller sur internet et à la bibliothèque pour voir à quoi ressemble le, pour moi très lointain, programme de CE2 en français.
J’ai déjà préparé quelques petits exercices plutôt faciles je dirais, histoire de pas le terroriser dès le premier cour, comme ça il se sent valorisé et hop ! la confiance peut s’installer entre nous. J’ai emprunté un Petit Spirou et un bouquin de Sempé non sans une larmichette de nostalgie au fond des mirettes, les grands classiques, ya que ça de vrai, pour voir si yen a un des deux qui le botte.
C’est demain le premier cour et j’ai les boules !!! J’espère que j’aurais pas les parents sur le dos pasque là c’est sûr je vais perdre les pédales…

Bon sinon je répète : Mamzelle, bienvenue dans le monde du FLE !
Mon flair me disait bien que le coup de l’école qui rappelle jamais n’allait pas être une exception…Deux autres écoles m’ont fait le coup, dont une où j’ai carrément passé un entretien qui s’est, selon moi, super bien passé et qui me faisait déjà baver d’espérance avec une alléchante proposition de 6 à 7 heures de cours par semaine payées à 13,50 euros de l’heure. Ben ils devaient me tenir au jus mais vu le temps qui s’est écoulé je crois que je peux faire une croix dessus.

Voilà ma petite vie, mes premiers pas dans le FLE se transforment pour le moment en soutien scolaire de CE2. Ah au fait, quand je vous disais que ces messieurs du lycée et de l’institut français ne prenaient pas n’importe qui sous leur aile…j’ai reçu, bien longtemps après ma candidature, pasque bon, la plèbe peut attendre, une réponse de chacun, exactement la même, juré craché on aurait qu’ils avaient copié, m’expliquant à quel point ils étaient désolés mais que leur structure n’était pas adaptée pour me recevoir au sein de leur équipe, et petit détail ridicule : le lycée français m’invitait à contacter plutôt l’institut français et celui-ci me renvoyait également vers son collègue, cocoricooo !

samedi 27 septembre 2008

C'EST BIEN QU'EST CE QUE JE DISAIS...

Hier, je rappelle la fameuse école de langues qui prétend avoir besoin de mes services comme prof de français. Là faut quand même préciser deux choses :
1) Y savent ni qui je suis (je dois épeler mon nom chaque fois que j’appelle), ni ce que j’étudie, ni ce que je vaux, juste que je suis française et que j’appelle de la part d’une certaine Marine (avec qui j’ai des contacts par internet vu que c’est elle qui m’a filé le tuyau, mais que j’ai jamais vu), donc en gros pas de CV rien, juste un ptit coup de fil « oui j’appelle de la part de Marine… », et hop ! totale confiance, ya pas de problème, tu vas donner les cours de français dans notre école cette année. Vous me direz dis donc cocotte, tu vas pas te plaindre en plus ? Certes non, moi très contente, MAIS, ben ouais fallait s’y attendre à celui là…
2) …Autant ya de la confiance d’un côté autant on t’en demande pareil voire plus de l’autre! Paske ça fait depuis août que je les appelle régulièrement. Premier appel : « rappelle en septembre on est en vacances ». Le 1er septembre sur le pied de guerre, Mamzelle Lambda attaque, deuxième appel : (épelage de nom, donance de numéro) « on vous rappellera dans la semaine, si c’est pas vendredi ce sera lundi ». Vendredi passe, RIEN. Lundi passe, RIEN. Je réattaque, appel depuis la France : (répelage de nom, numéro aussi) «ah pardon, c’est pask’on sait pas encore si les élèves de l’année dernière ont l’intention de continuer, mais on les appelle et tu nous rappelle la semaine prochaine d’accord ? sans faute ». Ben voyons ! ça commence à me les briser un peu mais patience, il faut souffrir pour trouver du boulot. Retour en Espagne, pas désespérée pour deux sous, je rappelle : (nom et numéro comme d’hab, ça commence à sentir le foutage de gueule surtout que je parle toujours avec la même) « ah, pardon, c’est vrai, on a pas encore de nouvelles des élèves mais on te rappelle demain sans faute, allez, désolée hein ». Je suis très patiente et j’ai vraiment envie de commencer à donner des cours de français cette année, mais là, honnêtement, la fumée commençait déjà à me sortir pas les noreilles. Le lendemain silence radio. Le surlendemain, idem. Je sais pas pourquoi je vous sens pas surpris, tu me diras moi non plus je l’étais pas… Oui, je rappelle : (je redonne mon nom, faut être compréhensif mon nom est bizarre pour l'Espagne) « ah oui, bah on a eu la matinée très très occupée, [Mireille y reste des croissants ?] donc bon on a vraiment pas pu là on est débordées ce mois ci [haha ça marche Jean Claude, à la revoyure !] hein, donc si ça te dérange pas rappelle demain si tu peux, cette fois c’est sûr on saura ». À ce stade là je m’énerve même plus…
Donc, comme je disais plus haut, hier, je rappelle : « oui bon alors en fait sur les élèves qui s’étaient inscrit yen a qui veulent pu donc bon nous on attend qu’y en ait qui veulent pour faire au moins une classe de quatre paske sinon… » ah bah voui hein sinon…Cette fois quand elle me demande mon numéro je lui explique gentiment que je lui ai peut être déjà donné cinq ou six fois quand même, faudrait pas pousser mémé dans le fossé là… Elle me répond avec toute l’honnêteté du monde que forcément vu qu’elle le note sur un papelard différent chaque fois ça fini par s’envoler sait on où, là on comprend le joyeux bordel que doit être leur secrétariat.

Alors voilà on me rappellera quand au moins quatre petits espagnols daigneront demander à apprendre le français, la gentille dame m’a même promis qu’ils distribueraient des tracts pour faire un peu de pub, ça promet…
En attendant je mets à profit les talents de designer de mon homme, ça sert mine de rien ^^.On a réalisé un très joli travail d’équipe : je pense, il exécute :) nan je déconne ! j’écris, il fait le design, ça donne ça :




C’est y pas joli tout plein sincèrement ?
Espérons que comme ça les élèves m’appelleront d’eux même au lieu de passer par des écoles dont l’administration laisse à désirer. Bon pis pour ce qui est des liasses de CV envoyées aux quatre coins de la ville je me fais pas trop d’illusions…comme je leur ai écrit c’est une chance pour une étudiante de FLE d’avoir un institut français, un lycée français et une école de langues officielle dans la ville où t’habites m’enfin faut pas rêver quand même, j’imagine que c’est pas monsieur tout le monde qui fait un stage dans un établissement de cette importance, n’est ce pas très chère ?…pis encore moins une redoublante qui commence à peine un master, sachant que la licence espagnole dure deux ans de plus que la notre je passe sérieusement pour une guignole. Donc pas de surprise : même pas ils se fouleraient pour répondre.

Enfin très heureusement ce matin ma mère m'annonce une bonne nouvelle : j'aurai encore ma bourse cette année, pas bezef m'enfin c miô quarien, voulaient me la supprimer ces vilains pas beaux. Je vous cache pas que je commençais à me biler grave avec ces histoires de commencer les cours dieu sait quand, j'allais finir un peu din chcaca.

Je croise les doigts voir si je reçois des coup de bigophone mais vous avez toujours l'droit de donner des conseils ou raconter votre expérience de débutant c'est gratuit ;)

jeudi 25 septembre 2008

MA MAIN AU FLE...



Impatiente et anxieuse...
Je vais mettre ma main au FLE.
Je vais bientôt donner mes premiers cours de français et j'ai la sensation de pas avoir la moindre maudite idée de comment donc on fait ça. La sensation non. Je sais pas comment qu' on enseigne le français moi! Vous connaissez sans doute ça : je me sens si seule d'un seul coup. C'est vrai quoi, c'te bonne blague: Comment donc qu'on fait un premier cours de français? comment on le donne? Je sais même pas encore qui seront mes élèves, quel sera leur âge, combien ils seront... J'attends, fébrile, le coup de fil de l'école de langues qui me fait tourner en bourrique depuis un mois : bienvenue dans le monde du FLE!

Bon, j'imagine que pour commencer on demande aux chères petites têtes blondes (grises, punk, peu importe...) s'il savent déjà un petit quelque chose de la langue de Molière ou si ça leur est totalement inconnu. Je me souviens des fameuses petites "fiches de présentation" qui nous permettaient de glander les premières heures du collège ou du lycée...
nostalgie...
Mais bon là il s'agit pas de faire cours à toute une classe. Je vais donner des cours particuliers. Quant à l'école de langues, ce qu'on m'a dit c'est que j'aurai une classe de deux élèves. Ça impressionne sans doute moins au début mais j'imagine le silence de mort quand t'as rien à dire... [genre un ange passe ^^]

Ce que je veux pas c'est attendre les réponses à mes envois de CV et les coups de fils des futurs élèves en me tournant les pouces. Mais comment préparer quelque chose dont on ignore tout? Ça me ferait vraiment plaisir que ceux qui sont déjà passé par là donnent un petit coup de main!

A vot' bon coeur m'sieurs dames...